C’est mignon, ça chante, et ça parle… de caca. Pour convaincre de passer à une alimentation sans viande, PETA Royaume-Uni fait un virage inattendu.
Fini les campagnes choc et les métaphores sanglantes, place à une stratégie décalée, fun et ultra-virale avec “Good shit”, un clip musical animé où des petits étrons kawaii vantent les bienfaits du régime vegan. Oui, vous avez bien lu. Et le pire ? Ça fonctionne.
Derrière cette campagne complètement barrée mais furieusement bien pensée, on retrouve l’agence SAMY Alliance, accompagnée du studio d’animation Flamboyant Paradise. Ensemble, ils signent une campagne bien plus stratégique qu’il n’y paraît, pensée pour secouer les réseaux sociaux, sans culpabiliser, mais en amusant et en informant.
Un angle inattendu pour contrer l’usure des messages anxiogènes
PETA a longtemps été connue pour ses campagnes chocs. Mais dans un monde saturé de messages culpabilisants, les créatifs ont décidé de changer de braquet. À la place du sang et des larmes : de l’humour, de l’animation et une petite chanson entêtante. Le message ? Une alimentation vegan, c’est bon pour les animaux, pour la planète… et aussi pour ton transit.
Parce que oui, 20 % de la population mondiale souffre de constipation, et l’un des meilleurs remèdes reste une alimentation riche en fibres. Un insight inattendu mais redoutablement efficace pour ouvrir le débat sur les bienfaits d’un régime vegan. C’est sur ce terrain que “Good shit” pose ses bases : parler bien-être, digestion et intestins heureux, avec une approche aussi légère que colorée.
Visuellement, la campagne s’inspire de l’univers kawaii japonais, avec des personnages dignes d’un pack de stickers pour Instagram. C’est mignon, c’est drôle, et ça tranche radicalement avec l’image sérieuse qu’on associe souvent au militantisme vegan. Et c’est justement cette dissonance qui attire l’attention — et crée de l’engagement.
Une campagne pensée pour les réseaux, mais pas que
L’idée n’est pas de faire un one-shot rigolo. La campagne “Good shit” s’intègre dans une stratégie plus large, qui vise à créer de l’adhésion sur le long terme. Au-delà du clip digital, on retrouve toute une série de GIFs animés conçus pour les stories, TikTok et les Reels, des formats courts parfaitement calibrés pour les usages actuels.
Mais ce n’est pas tout. La campagne sera également diffusée en audio sur Spotify, avec des jingles qui reprennent l’univers musical du spot, et en affichage, pour capter un public plus large hors écran. Bref, une campagne 360°, conçue pour résonner autant sur les plateformes sociales que dans la vraie vie.
Côté contenu, PETA ne se contente pas d’un message feel good. Elle propose également un challenge de 30 jours pour adopter une alimentation vegan, avec un accompagnement progressif : conseils, infos nutritionnelles, idées recettes… Tout est là pour transformer une curiosité amusée en changement d’habitude concret.
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Un ton feel good qui ne perd pas le fond
Ce qui frappe dans cette campagne, c’est sa capacité à faire passer un message sérieux sans jamais se prendre au sérieux. Sous ses airs de blague animée, “Good shit” défend une vraie vision : celle d’un activisme plus doux, plus accessible, plus connecté aux usages actuels. Un activisme qui ne cherche pas à faire peur, mais à faire sourire, puis réfléchir.
Comme le résume Mimi Bekhechi, vice-présidente de PETA, « éviter la viande, c’est bon pour les animaux, pour la planète, et aussi pour notre système digestif ». Le tout dit avec une chanson entêtante et un visuel de petit caca qui danse.
Et si certains pourront lever les yeux au ciel devant une approche aussi légère, force est de constater qu’elle capte l’attention dans un écosystème saturé, où l’émotion positive devient parfois plus puissante que le choc visuel.
Avec “Good shit”, PETA et SAMY Alliance prouvent qu’on peut faire passer un message de fond avec une forme légère, et que parfois, pour défendre une grande cause, il suffit de faire chanter… ses intestins.
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