Si vous n’avez pas encore entendu parler de Lil Miquela, Shudu ou Noonoouri, il est peut-être temps de vous pencher sur les influenceurs virtuels, ces personnages numériques hyperréalistes qui séduisent de plus en plus de marques…
Mais avant de miser votre budget publicitaire sur ces avatars, il est essentiel de comprendre leur potentiel et leurs limites.
Pourquoi les marques craquent pour les influenceurs virtuels ?
Ces dernières années, les influenceurs virtuels se multiplient sur Instagram, TikTok et YouTube. Leur atout majeur ? Un contrôle total de leur image et de leurs messages. Ils n’ont jamais de mauvaise humeur, ne font pas de scandale, et sont disponibles 24h/24. Des marques comme Dior, Balmain, ou encore Renault ont déjà expérimenté avec succès ces collaborations, attirées par l’aspect novateur et technologique qu’elles apportent à leur image.
Lil Miquela, la plus célèbre influenceuse virtuelle, compte aujourd’hui plus de 3 millions d’abonnés sur Instagram. Son apparence hyperréaliste lui permet d’être perçue presque comme une « vraie » personnalité, engageant fortement les communautés, notamment les jeunes générations qui recherchent sans cesse des expériences nouvelles et surprenantes.
Les marques voient également dans ces avatars un moyen efficace d’explorer des univers créatifs plus audacieux, difficiles à atteindre avec des influenceurs humains classiques. Cela leur permet également de toucher une audience internationale sans aucune barrière culturelle ou linguistique, puisque les influenceurs virtuels peuvent être adaptés facilement à tous les marchés.
Quels résultats pour une campagne avec un influenceur virtuel ?
En France, les marques commencent doucement à s’intéresser au phénomène. Balmain a notamment lancé sa propre « égérie virtuelle », Margot, lui permettant ainsi d’être totalement intégrée à l’univers et aux valeurs de la marque. Cette stratégie génère beaucoup de curiosité, attire l’attention des médias, et crée souvent un fort engagement sur les réseaux sociaux.
Cependant, les résultats concrets en termes de conversions et de ventes restent encore difficiles à mesurer avec précision. Si l’effet de nouveauté attire l’attention, certaines marques constatent qu’au-delà du buzz initial, il est crucial de créer un storytelling solide autour de ces avatars pour maintenir un réel intérêt sur la durée.
Selon une étude menée par HypeAuditor en 2023, les campagnes utilisant des influenceurs virtuels affichent généralement des taux d’engagement 2 à 3 fois supérieurs aux campagnes classiques, grâce notamment à leur caractère innovant qui incite les utilisateurs à interagir davantage.
The new virtual troops reflect the same beautiful diverse mix, strong confidence and eagerness to explore new worlds. Anyone and everyone is always welcome to join the #BALMAINARMY. pic.twitter.com/ZL8y564cwe
— Balmain (@Balmain) August 30, 2018
Les enjeux d’authenticité et d’éthique
Mais attention : tout n’est pas rose dans l’univers des influenceurs virtuels. Leur aspect artificiel soulève des questions d’éthique, notamment concernant la transparence avec les consommateurs. Selon un rapport de Marketing Dive en 2023, près de 45 % des consommateurs estiment que les influenceurs virtuels manquent d’authenticité, un critère devenu essentiel aujourd’hui dans l’influence marketing. La relation de confiance avec l’audience est souvent plus difficile à construire qu’avec un influenceur réel, perçu comme plus authentique et sincère.
Par ailleurs, certaines voix s’élèvent pour dénoncer les risques liés à l’utilisation de ces avatars, notamment en matière d’image corporelle et de standards irréalistes imposés par des personnages virtuels parfaits. Cette problématique mérite une réflexion approfondie de la part des marques, soucieuses de préserver leur responsabilité sociétale.
De plus, les coûts de création, d’entretien et d’animation de ces avatars peuvent être très élevés, allant parfois jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros par an (source : Forbes, 2023), rendant cette solution accessible surtout aux grandes marques avec des budgets conséquents.
Quelques conseils pour réussir sa campagne avec un influenceur virtuel
Si vous décidez malgré tout de tenter l’expérience, voici quelques bonnes pratiques à garder en tête :
- Définissez clairement les objectifs de votre campagne : notoriété, engagement, lancement de produit, etc.
- Travaillez avec des spécialistes capables de concevoir un avatar réaliste et attractif, parfaitement adapté à votre image de marque.
- Intégrez votre influenceur virtuel dans une stratégie de storytelling forte pour maximiser l’impact émotionnel et l’engagement de votre audience.
- Restez transparent sur le fait qu’il s’agit d’un avatar numérique, tout en lui donnant une véritable personnalité qui suscite l’intérêt.
Alors, devez-vous miser sur un influenceur virtuel ?
Si votre marque cherche à se positionner comme innovante, à attirer une audience jeune ou à créer un événement marquant autour d’une campagne spécifique, collaborer avec un influenceur virtuel pourrait être une bonne idée. Mais assurez-vous d’avoir une stratégie claire et cohérente, qui ne repose pas uniquement sur l’effet de mode.
En revanche, si votre objectif est avant tout de construire une relation authentique et durable avec votre communauté, il est peut-être préférable de privilégier des influenceurs réels, capables de transmettre vos valeurs avec plus de sincérité.
Finalement, l’influenceur virtuel n’est pas un simple gadget marketing, mais un outil puissant à utiliser avec réflexion et prudence.