46% de la génération Z voudrait pouvoir être “dissociée” au travail

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Et si vous pouviez appuyer sur un bouton pour effacer votre journée de boulot de votre mémoire ? Littéralement.

C’est ce que propose la série dystopique Severance, où les employés de la mystérieuse entreprise Lumon subissent une opération pour séparer totalement leurs souvenirs pro et perso. Une fiction dérangeante… mais qui semble séduire plus de monde qu’on ne l’imagine.

Selon une étude menée par la plateforme de santé mentale au travail Unmind, 46% de la Gen Z britannique serait prête à adopter ce système si c’était possible. Au total, 35% des salariés du Royaume-Uni souhaiteraient eux aussi être « severed ». Un chiffre qui, au-delà de l’anecdote, soulève une vraie question : jusqu’où notre rapport au travail est-il en train de dériver ?

Une génération connectée mais épuisée

Ce qu’on observe derrière cette fascination pour Severance, ce n’est pas tant un rejet du travail que l’épuisement d’un modèle devenu toxique pour beaucoup. L’étude révèle que 41% des salariés ont du mal à déconnecter une fois leur journée terminée, et que 44% consultent leurs mails pros en dehors des heures de travail. Autrement dit, le boulot déborde partout, jusqu’à grignoter notre intimité.

Et la Gen Z, pourtant souvent présentée comme plus libre et affirmée, n’y échappe pas. Pire encore, elle semble être la plus impactée. Environ 47% d’entre eux avouent faire du “taskmasking”, c’est-à-dire faire semblant d’être occupés pour paraître productifs. Un symptôme d’un environnement où l’apparence de performance compte parfois plus que la réalité du travail accompli.

Ajoutez à cela le fait que 52% des Gen Z adoptent une “work persona” différente de leur vrai moi au bureau, et que 44% estiment que leur job prend trop de place dans leur identité, et vous obtenez une génération qui ne se reconnaît plus dans ce qu’elle fait, ni dans ce qu’elle est censée incarner au travail.

Severance, une métaphore radicale mais révélatrice

Évidemment, la série Severance ne fait pas l’apologie de cette séparation mentale extrême — bien au contraire. Le spectateur comprend rapidement que ce procédé, loin de libérer les personnages, les enferme dans une boucle absurde et aliénante. Les employés ne savent ni ce qu’ils font réellement, ni pourquoi ils le font. Leurs “innies” sont piégés, privés de toute perspective, pendant que leurs “outies” profitent d’une vie vide de sens, mais sans stress.

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Alors pourquoi un tel attrait pour cette idée ? Peut-être parce que beaucoup ne voient plus d’autre moyen de se protéger. Le discours ambiant glorifie la productivité, la disponibilité constante, la “passion” pour son job — tout en rendant plus floues les frontières entre vie pro et vie perso. Résultat : on culpabilise quand on déconnecte, on simule quand on n’en peut plus, et on rêve d’un interrupteur pour souffler.

Ce n’est pas qu’on veuille oublier le travail. C’est qu’on voudrait juste retrouver un espace mental qui nous appartient. Là où Severance devient une métaphore puissante, c’est qu’elle matérialise un ras-le-bol collectif de la surcharge cognitive et émotionnelle que le travail fait peser sur nos épaules.

Et maintenant, on fait quoi ?

Face à cette réalité, la solution ne réside évidemment pas dans une chirurgie fictive. Comme le souligne Dr Nick Taylor, CEO de Unmind, le vrai enjeu, c’est de repenser la culture du travail, pas de s’en couper artificiellement.

Il ne s’agit pas de supprimer le travail de nos esprits, mais de créer des environnements sains où l’on peut être soi-même, sans pression constante, sans masque, sans peur de décevoir. Des lieux où la santé mentale est prise au sérieux, où la performance n’efface pas l’humain, et où l’équilibre vie pro/vie perso n’est pas qu’un vœu pieux sur une page carrière LinkedIn.

La bonne nouvelle, c’est que 56% des répondants se disent satisfaits de leur équilibre actuel. Mais le fait que près d’un tiers aient déjà envisagé de quitter leur job à cause d’un mauvais équilibre, et qu’un autre tiers ressente de la culpabilité à prendre du repos, montre que le sujet reste brûlant.

Alors non, la solution ne viendra pas d’une puce dans le cerveau. Mais d’un changement profond dans notre manière de penser — et d’organiser — le travail. Parce que le vrai luxe aujourd’hui, ce n’est pas d’oublier qu’on bosse. C’est de se sentir bien en le faisant.

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